J'arrête de râler

Hier, j’ai décidé d’arrêter de râler.

Et j’ai arrêté de râler. Au moins quatre heures consécutives ! Le temps de lire le livre de Christine Lewicki J’arrête de râler aux éditions Eyrolles. Ça fait déjà plusieurs mois que les articles à son sujet envahissent magazines, journaux, blogs, émissions de radio et de télé. Et, passé le temps de la réflexion, je me suis dit « c’est parti mon kiki ! » (ou un truc équivalent).

Voici venir vingt-et-un jour sans râlerie. J’ai sorti mon joli bracelet tout beau tout plat. Je l’ai tout bien nettoyé pour qu’il brille. C’est chouette. Et je me le suis attaché autour du poignet gauche. C’est plus pratique.

Les quatre premières heures, donc, ça a été super facile ! Le nez dans le bouquin, très marrant qui plus est. Aucune envie de râler. Surtout qu’il est vraiment joli mon beau bracelet.

C’est ensuite que ça s’est corsé. Quand ma vie sociale a repris son cours, et que mon cher et tendre est arrivé. Forcément, ça m’a déconcentrée… A peine dix minutes de discussion dont cinq a expliquer mon nouveau super challenge et hop. Un interrupteur qui ne fonctionne pas. Râlerie numéro 1. Un peu vexée. Transfert de bracelet au poignet droit. S’ensuit râlerie numéro 2, parce que ce n’est pas agréable au poignet droit. De nouveau un peu vexée. Retour du bracelet au poignet gauche. Bon, au moins, c’est plus confortable de ce côté-là. Voici une bonne raison de se réjouir !

Et puis comme c’est difficile d’être la seule à ne pas râler, transfert de bouquin au Monsieur qui rigole. Un challenge à deux, c’est plus motivant. Je me demande pourquoi il a pas voulu que je lui prête mon gros bracelet en cuir pour commencer tout de suite…

Je lui explique gentiment que si on se lance ce challenge tous les deux, quand l’un remarque que l’autre râle sans s’en rendre compte, les deux doivent recommencer. Question de solidarité. Bizarrement, il n’a pas relevé le « zut » suivant. Transfert discret de bracelet au poignet droit. Ça va être fastoche ! Et puis par solidarité aussi, il a même arrêté de râler. Parce que ce n’est pas gentil. Et que les doux idéalistes dans mon genre, il faut les aider un peu. N’est-ce pas ?

Jusqu’au sujet qui fâche : le casse-pieds de service. Et là c’est parti pour une avalanche de râleries. Je n’avais jamais remarqué à quel point il est frustrant d’écouter quelqu’un râler sans pouvoir se joindre à la conversation. Alors j’ai craqué. J’ai enlevé mon bracelet. Et quitte à râler, je m’en suis donné à cœur joie ! Ça soulage ! Comme forcément, entre temps, on a perdu le compte des râleries, j’ai remis mon bracelet au poignet gauche. Ben oui, avant c’était le droit. Et puis je l’avais enlevé après tout. Zut ! Re-transfert au poignet droit. Puis gauche. Puis droit. Puis gauche.

Je crois avoir atteint très rapidement l’étape 2 du challenge : celle où sait qu’on ne sait pas… Gasp !

Étape 1 : on ne sait pas qu’on ne sait pas arrêter de râler : 5 heures.
Étape 2 : on réalise qu’on ne sait effectivement pas encore arrêter de râler : en cours.
Étape 3 : on est conscient qu’on réussi à arrêter de râler : à venir.
Étape 4 : on n’a pas conscience qu’on a réussi à complètement arrêter de râler : à venir aussi.

Ça fait rêver.

Bon, ça c’était pour hier, avec un temps record de 4 heures.
Aujourd’hui, je n’ai râlé que deux fois et entre les deux, j’ai tenu 7h15 ! Et la deuxième, c’était une petite râlerie de rien du tout parce que j’ai fait un algo à l’envers sur mon rubik’s cube metal.

Programme pour le J1 n°3 : éviter ce qui semble être une râlerie réflexe, que j’ai détectée ce matin au boulot. Et tâter le terrain pour motiver les collègues. Bah oui, c’est au boulot que c’est le plus difficile de ne pas râler. Avec cette râleuse…. Mince, je viens de râler pour la troisième fois aujourd’hui. Transfert de bracelet au poignet droit.

Si ça vous intéresse, Christine Lewicki a aussi un blog : jarretederaler.com

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