C’est définitif. Je n’aime définitivement plus les mauvais jeux à gratter. Pour commencer c’est salissant. Comment d’aussi tentants petits rectangles tous brillants et tous lisses peuvent-ils se transformer en tas immondices noirâtre et collant d’un seul coup de clé de boite aux lettres ? On se le demande.

Peut-être aurait-il fallu gratter avec un objet de qualité supérieure ? Qu’en est-il du tiers de cases ratées, trop ou pas assez grattées, couvertes de la bien connue pellicule grise indécollable ou tout simplement déchiquetées par un coup de clé trop vigoureux ?… Comptons donc une part de matériel et une autre de technique. Après étude comparative, les conclusions de mon benchmark sont les suivantes. Pièce roses : inadéquat, manque total de rainures sur la tranche. Pièce jaunes : inadéquat, gigantesque espace bien trop arrondi entre les dites rainures de la tranche. Ce qui sert un porte-monnaie fragile dessert les jeux à gratter. Pièce d’euros : inadéquat, espace insuffisant entre les rainures, pourtant merveilleusement formées, de la tranche. Pas de pièce donc. Clés de voiture : inadéquat, affinité trop importante entre le métal de la clé et la poussière collante résultant du grattage. Clés de serrure : idem, il serait dommage de faire appel à un serrurier pour une histoire grattage. Reste la clé de boite aux lettres, dont la technique est je l’avoue fort difficile à maîtriser.

C’est à se demander aussi quelle est la réelle probabilité d’obtenir le saint Graal : un billet gagnant. Bons de réductions, voyages au bout du monde, Hôtel 5 étoiles, et fusent les neurotransmetteurs surchargé de mon cerveau embrumé. De toute évidence, il faut compter une part de chance – ou de poisse – personnelle. Mais comment expliquer que sept billets contigus d’une même plaque ne soient rien d’autre que des bouts de cartons pollués et polluants ? Sur une plaque de dix ! J’entends d’ici que le Graal en question faisait certainement partie des trois restants dont a bénéficié… la personne suivante. Et Gnan gnan gnan. Seulement non. Après moultes simulations de retard, sac mal équilibré, lacet à refaire (c’est long avec des bottes), objet quelconque à sortir d’un minuscule sac à main dont le contenu est par définition totalement tassé, dès lors il est tout bonnement impossible de sortir quoi que ce soit un tant soit peu rapidement sans éjecter tout le reste sur le trottoir. Enfin bref, après moultes acrobaties, il s’avère que mon successeur à la caisse, lui-même doté d’une poignée fort conséquente de billets à gratter, dont la fin de la dite plaque, prend l’air déçu qui animait mon visage quelques minutes auparavant et jette nonchalamment dans la première poubelle qui se présente son nouveau stock de billets perdants.

Existent-t-ils vraiment ces bienheureux Guillaume Dupont et Josiane Martin, dont les sourires radieux éclairent ces merveilleuses affiches publicitaires ? Où êtes-vous donc ? Quelle est cette étoile bienveillante qui vous a guidé vers ces merveilles de la société de consommation ? Bon d’achat de deux euros cinquante (valable une semaine), week-end à Disneyland pour quatre (alors que vous avez au moins un douzaine de bambins, obligé pour avoir réussi à obtenir un billet gagnant, il fallait au moins nourrir une colonie de vacances), nuit en hôtel 5 étoiles à l’autre bout de la France (baby-sitter et billet de train à vos frais en période rouge). Quel bonheur !

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